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Vœux de Fin d’Année

 

Si l'on reconnaît que l'esclavage, la déportation des noirs par la traite sont des crimes contre l'humanité, force nous est alors donnée de réclamer à la France la restitution de cette dette, qui doit nous être combien utile en ce moment.

… Nous exigeons aujourd'hui : restitution et réparation pour Haïti et son économie, dont le développement paraît déjà très hypothéqué.

Dr. Yves Saint-Cyr, « À propos des dettes de la France,  Le Nouvelliste, Décembre 2008 »

 

Chers amis lecteurs, nous voilà à nouveau face à un Premier Janvier. Voilà 366 jours qui viennent de s’écouler en nous laissant un cortège de désolations et de rarissimes bonnes nouvelles. 2008, « Annus Horribilis » pour Haïti. 2008 a  concrétisé  la dégradation quasiment absolue de notre petit pays. Éthique. Environnementale.   La dévastation et la mort portaient les noms de Fay, Gustav, Hannah, Ike, Joséphine et se présentaient sous la forme de cyclones. Les spéculateurs, autochtones et internationaux, aux noms occultés par des « SA »  nous ont livré à la faim en faisant grimper le prix des céréales. Les « majors » du secteur pétrolier, identifiables par leurs sigles, nous ont soumis à leurs capricieuses « danses de la mort ». Les pays producteurs de pétrole, connus de tous, ont voulu nous faire comprendre que mieux valait ne pas s’aventurer sur de nouvelles voies énergétiques. Le contrôle des « vannes d’approvisionnement énergétique », d’après eux, peut vouer à l’échec toutes les bonnes actions de ceux qui croient que la diversité énergétique ferait le bonheur de ce monde. Rentabilité exige. Le « maillage routier » du pays, presqu’inexistant avant, s’est vu fortement dégradé avec les inondations de cette année. La « Coopération Internationale » nous a quand même fait don de quelques tronçons de route sur lesquels la circulation de biens et de personnes devrait faciliter le redressement du pays. Nous avons pu quand même bénéficier de la « bonté bolivarienne » pour quelques centrales électriques et un marché que nous, « bossales », à tous les titres, n’avons même pas pu bien utiliser. Les effondrements de bâtiments scolaires nous ont fait pleurer la perte de dizaines de jeunes Haïtiens et Haïtiennes et ont mis à nu l’inefficacité ou l’inexistence de contrôle ou de planification dans ce pays. La mairesse s’en plaint. Les Autorités pleurent.  Le pays a vu disparaître des centaines d’enfants, par inanition, par manque de soins médicaux. Des galettes de boue. De la boue. Du manque d’eau. Le pays a perdu partie de son prestige restant. Les Dominicains nous ont bouffé une bonne partie de ce prestige, à coups de machettes, à coups de bâtons.  Le bilan est lourd. Et, cependant, pas une évaluation n’a été faite ni aucune proposition d’amélioration. Qui prend les décisions dans ce pays ? Qui décide quoi ? Angoissant. Décevant.

 

Chères amies lectrices et chers amis lecteurs, je me suis habitué à faire le bilan de l’année durant les derniers jours  qui précèdent la fin de l’année. Cependant, je n’ai jamais pu être complètement original et, je dois l’avouer, c’est plutôt courant.  Il est donc coutume, chers lecteurs, à l’approche du nouvel an, de souhaiter les meilleurs vœux aux amis, aux parents, à la famille proche et élargie. À l’approche du nouvel an, au début d’une nouvelle année, il est courant de voir comment on se prend au sérieux en se fixant de nouveaux objectifs, en décidant de nouveaux modes de comportements, en prétendant assumer de nouvelles modalités relationnelles, à notre environnement immédiat. Au Guatemala, les Guatémaltèques, d’après la presse, ont voulu souhaiter pour leur Président Alvaro Colom, de la sagesse et suffisamment de « cœur » (au sens de Don Diègue quand il demandait à Rodrigue, en créole, « si li gen grenn ») pour libérer la population de la délinquance, de la corruption, du narcotrafic, des enlèvements, de l’insécurité en général. Devrons-nous faire la même chose chez nous ? Souhaiter, pour cette nouvelle année 2009, « du cœur », pour ceux qui ont le devoir de décider et de faire les bons choix pour le pays. « De l’esprit » afin de trouver les moyens de résoudre ou de mettre un frein à cette « corruption gangrénante » qui arrive à se doter d’opérateurs mathématiques performants permettant de transformer, par des artifices de calcul, 32.000.000 en moins de 2.000.000.  Il faut avoir du « cœur » pour tolérer cela. J’imagine que l’approche du mois de Janvier doit sûrement créer en nous, Haïtiens, l’angoisse pour le pays.

 

Le Docteur Yves Saint-Cyr, dans un exercice citoyen, a soulevé un débat qui, aux yeux de plus d’uns, a causé pas mal de déboires à certains hommes politiques du pays (C’est ce qu’on dit, je me laisse mener). Moi, je pense que la forme avait été mal choisie. Le fond, reste et demeure entier. Le problème non résolu. La France, comme disent les différents analystes, a tout à gagner en faisant de la « Dette de l’Indépendance » une affaire de « Taille Morale ». Elle montrerait alors sa « GRANDEUR » en refaisant d’Haïti la « Perle des Antilles ».

 

Enfin, chers amis lecteurs, s’il y a un souhait qui me tient à cœur, il s’agirait de trouver une solution aux problèmes de transport dans ce pays. Comment résoudre les problèmes de mobilité ? Comment contourner cette impossibilité  de se déplacer à un coût raisonnable, en un temps réduit et dans les meilleures conditions de confort et de sécurité ? Comment réduire le coût énergétique du déplacement ? Je n’ai eu en tête qu’une seule vision, celle de nos « byciclettes d’antan », à l’Arcahaie, aux Cayes, au Cap, à Petit-Goâve, à Léogâne, surtout à Léogâne. Il semblait que tout un chacun avait sa « bécane ». C’était même proverbiale. Voilà que maintenant c’est la moto. La moto du peuple. La moto sans panne. Il me semble que nous copions toutes les stupidités dominicaines et on en fait même des modèles. Trop de dirigeants à ne pas avoir d’autres miroirs que ceux achetés en République Dominicaine. Le paysan vend maintenant bœuf et charrue pour se procurer sa moto. Là, je crois que c’est mettre la charrue avant les bœufs. Et l’essence ? Et les routes ? Et le  TPTC ? « AC » ! ASSEZ !

 

Chers amis, nous avons du travail. Il nous faut des fonds et peut-être, la seule option viable est d’avoir recours aux fonds de l’Indépendance. Et, en ce sens, j’appuie le Dr. Saint-Cyr  et je convie le Peuple haïtien à se joindre à nous pour réclamer et exiger  restitution et réparation pour Haïti et son économie, de cette « Dette de l’Indépendance ». Sur le fond, on sera tous d’accord. Sur la forme, le CONSENSUS  est à rechercher.

 

Bonne Année 2009 à tous.

 Oscar Germain




* Article publié sur Haïti en Marche le 31 Decembre 2008  

Jeu 1 jan 2009 Aucun commentaire